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B.A. pour les intimes... |

de Marion, le 04-01-2005 |
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Ouf, je suis hors-danger, j’ai quitté Buenos Aires, une ville a consommer avec modération. Un séjour prolongé dans la capitale argentine peut en effet nuire gravement 1. au porte-monnaie, 2. a la santé. Les 2 resultant d’un meme phenomene: une vie nocturne bouillonnante.
Rien ne semble arreter les Porteños quand il s’agit de faire la fete, seul le lever du soleil est capable de ralentir leur rythme effréné. Un triste accident la semaine derniere dans une boite de nuit qui a pris feu, faisant 170 morts et plus de 600 blessés, a amené le gouvernement a déclarer 3 jours de deuil national, mais malgré la fermeture obligatoire de toutes les discos du pays, BA a continué ses fiestas et c’est dans la rue que les habitants sont descendus pour danser et celebrer la nouvelle année.
Pour les 12 coups de minuit, je suis au milieu de cette foule, comme perdue mais a ma place, intrus et bienvenue a la fois. Un sursaut de sobriété éveille des interrogations: a quoi revent tous ces gens, quels sont leurs espoirs? A chaque accolade, chaque embrassade, je tente alors de savoir ce qui les anime: “¿Qué esperas por el año nuevo?”. Un meilleur travail... un deuxieme enfant... gagner a la loterie... le bonheur... acheter une maison... la santé pour toute ma famille... réussir mon diplome... rencontrer l’amour...
Les attentes d’ici ne sont pas differentes d’ailleurs... Les miennes? Qu’est-ce que j’espere pour cette année qui vient de commencer? Mais les vapeurs d’alcool dansent a nouveau dans ma tete, j’y songerai une autre fois... ou pas! Apres tout, pourquoi toujours chercher résultat a ses recherches, donner un objectif, une issue quelconque? La route s’occupera de ca, elle me menera bien ou elle voudra...
Alors revenons a BA. Comment vous livrer cette folle et belle cité? Je l’ai visitée par quartiers, pas tous evidemment, d’une part parce que c’est grand, d’autre part a cause des journées dont la durée était inversement proportionnelle a celle des nuits!
BA en quelques instantanés, ca donne ca...
- San Telmo
C’est la que j’avais élu domicile. Le “barrio” du tango, ou cette danse sensuelle et douloureuse impregne le pavé, les bars et les terrasses de café... Beaucoup d’artistes, peintres et musiciens, viennent ajouter un cachet a ce quartier ni riche ni pauvre, ce qui en soit est assez exceptionnel en Argentine ou le fossé entre nantis et démunis est devenu un gouffre infranchissable ces dernieres années.
- Un peu plus au sud, La Boca, connue pour son équipe de foot “Boca Juniors”, et pour ses maisons de toles aux couleurs vives qui ont réussi a imposer leur image sur toutes les cartes postales de BA. Quartier ouvrier, construit par des immigrants italiens de Gene, ici l’argent ne pousse pas sur les arbres. D’ailleurs il n’y a pas d’arbre.
Les employés de notre hotel, le chauffeur de taxi qui nous y a conduit, nos guides nous avertissent de ne pas s'éloigner des rues touristiques, “es peligroso”. Elles sont au nombre de 3, ou 4, 5 tout au plus. Quel est l’interet de venir ici uniquement pour se bousculer parmi les touristes qui mitraillent de photos a en oublier de regarder autrement qu’a travers le viseur de leur appareil? Sortez du circuit, bravez l’interdit (croyez-moi, aucun heroisme a cela)! Bien sur c’est pauvre, c’est sale et ca pue les egouts... Mais si les couleurs ont disparu des facades des maisons, elles sont toujours présentes sur les visages et dans les regards étonnés.
Un café dans un troquet, et j’assiste a une conversation tout a fait invraisemblable entre Mickael, copain australien qui ne connait que 3 mots d’espagnol, et Patricio, du quartier, pas plus polyglotte que le 1er. Leur language commun, vous vous en doutez: le foot! Médusée, je trouve enfin un interet a “l’opium du peuple”, qui leur permet de communiquer et rigoler, a grands renforts de gestes et grimaces. La ou l’esperanto a échoué, le football fait des miracles!
- El microcentro, le centre-ville
Rien a signaler, on s’y promene comme dans n’importe quel autre centre d’une ville européenne. De jolis batiments, des boutiques, des hommes d’affaire et de belles argentines bien habillées.
Ah si, une originalité! Il a neigé en plein centre, et par 40°C! Pendant plusieurs jours des milliers de bouts de papiers ont été lancés depuis les bureaux des immeubles, recouvrant les rues de blanc tel un manteau de neige. J’ai d’abord cru a un geste symbolique, une mini-revolution, le refus d’un ordre quelconque, etc. Il ne fallait pas aller chercher si loin. C’est la fin de l’année, on se debarrasse des vieux calendriers et dossier inutiles: on trie et on jette par la fenetre! Pas de scene de menage pour savoir qui descendra les poubelles. Les balayeurs de rue, eux, sont moins ravis de la “féérie de noel”!
- Palermo et Recoleta
Les quartiers riches et chics de la capitale. Ici on n’a pas souffert de la terrible crise de 2001-02. L’insouciance et le snobisme sont la pour en temoigner. Le cimetiere ou les grands noms du pays se cotoient ressemble a une residence de luxe post-mortum, les beaux batiments, les statues s’imposent de part et d’autres des grandes “avenidas”. De nombreux parcs permettent aux Porteños de se faire bronzer sans aller a la plage, et aux “paseaperros” (promeneurs de chiens) d’accomplir leur travail, tenant de 10 a 15 chiens en laisse, afin que Mr et Mme ne se fatiguent pas trop. Il vous en coutera 100$ par mois pour degourdir les pates de votre protégé.
A Buenos Aires j’ai aussi découvert qu’il n’était pas nécessaire de faire une these sur le tri des dechets (j’rigole Nico!), de pauvres gens passent leur nuit a eventrer les sacs poubelle laissés sur les trottoirs et récoltent, au choix, cartons, plastiques ou métaux pour gagner quelques pesos.
J’avais hate de sortir de la ville, de voir l’Argentine de l’intérieur... Une fois le pere (noel) passé en poste restante de BA, m’apportant le bonheur de nouvelles lectures, j’ai quitté la capitale, sans regret... pour le bout du monde, pas moins!
“Disfruta, es el fin del mundo!”. Je suis conscientieusement ces conseils lus sur un panneau de l’aéroport d’Ushuaia!
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