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Du Machu Picchu à Titicaca... Rien qu'ça! |

de Marion, le 20-10-2004 |
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Ollantaytambo c’est pas tout à fait le bout du monde, mais c’est le bout de la route de la vallée sacrée. Pour aller plus loin, il faut prendre le train.
Vendredi je quitte donc temporairement mon auberge de Cusco, un 1er bus m’emmène à Urubamba où un « combi » (genre de camionnette) doit prendre le relais. Je suis seule et ça me plait, pas d’autres gringos pour me rappeler que le Pérou est archi-touristique, personne à qui parler anglais ou français, bien obligée de me débrouiller avec ce que je sais d’espagnol. Le combi se remplit mais le chauffeur ne veut pas démarrer parce qu’il y a encore 2 places à combler. Les gens commencent à s’impatienter et à lancer des « vamos ! » à tout va. Alors je me joins à leur requête, « Señor, vamos », et tout le monde se met à rigoler, en insistant auprès du chauffeur : « allez, la chiquita veut partir ». Le moteur démarre dans une cacophonie générale, c’est génial.
A Ollantaytambo, une mauvaise surprise m’attend. Je vais à la gare pour acheter mon billet de train et les prix et horaires ne sont pas ceux sur lesquels j’avais compté. Il y a un train l’après-midi pour la modique somme de 70$ aller-retour : aie, ça fait mal. Pas grave, il y a aussi moins cher, 24$ mais ça fait arriver à Aguas Calientes à 1h du matin : c’est moyen.
Le compromis sera de partir à 9h30 du mat’, tant pis pour ma journée à Ollantaytambo, je repasserai lundi.
Le trajet en train longe des gorges verdoyantes et l’arrivée à Aguas Calientes donne l’impression d’avoir atteint le coin le plus reculé de la planète (si on arrive à faire abstraction des milliers de touristes…..). Complètement encaissé au milieu de montagnes abruptes, le village aux sources d’eau chaude est le passage obligé pour aller au Machu Picchu. Je fais un tour des lieux (c’est pas grand) et je profite de na pas avoir de compagnon de voyage aux attentes culinaires particulières pour manger dans le marché couvert où les touristes ne s’aventurent guère.
La soirée sera courte, pour ne pas dire inexistante : couchée très tôt pour sortir des bras de Morphée à… 4h30 !
Je voulais arriver sur le site avant les hordes de cars d’américains, et pour y arriver il faut marcher (sauf si on veut payer 9$ et découvrir les ruines bondées comme si elles étaient encore habitées). Il fait encore nuit quand je quitte l’hôtel mais je repère quelques loupiottes : les frontales d’autres voyageurs courageux.
Une petite heure de marche nous attend, quasiment que des escaliers : un bon brise-mollets. Autant j’apprécie d’avoir des petites jambes dans les voyages en bus, autant là celles d’Adriana Carambeu m’auraient rendu un fier service pour grimper ces marches de géants. Les Incas étaient-ils si grands ???
Il est quasiment 6h quand on achète nos tickets d’entrée (20$, et sans râler SVP) et là…. là… ah la la…
Le jour s’était déjà levé mais les 1ers rayons du soleil m’attendaient. Je me dépêche d’aller au mirador pour voir la cité petit à petit baignée de lumière… Trop trop beau ! Le temps de quelques clichés (c’est pas un jour à oublier ses pelloches ou batteries d’appareil photo !) et je redescends pour traverser les ruines et partir pour une 2eme ascension casse-pattes : le Huayna Picchu. Encore une petite heure d’escaliers, j’en rêvais !
Au départ du sentier il faut inscrire son nom dans un registre et je vois que 4 personnes m’ont devancées, dommage ! Mais je les croise un peu plus haut, ils sont en train de redescendre et le sommet est tout à moi quand je l’atteints, essoufflée.
De là-haut on a une vue tout simplement unique et magnifique, le ciel complètement dégagé me laisse même voir quelques pics enneigés…J’ai droit à presque une heure de Bonheur, toute seule perchée sur mon bout de caillou, à ne penser à rien, juste admirer ce que j’ai sous les yeux. J’ai beaucoup de chance d’être là, je ne l’oublie pas.
Plus tard d’autres visiteurs me rejoignent. Un Péruvien me dit que c’est la 1ère fois qu’il vient là et qu’il se sent très fier d’être péruvien. Je n’ai pas de mal à le croire. Ce doit être pour lui une forme de pèlerinage, un peu comme un musulman se rendrait à La Mecque. En tous cas je ne sais pas si c’est joli La Mecque, mais ici ça dépasse tout ce qu’on peut imaginer.
Je reste encore plusieurs heures à déambuler parmi les ruines et le petit train bleu me ramène à Ollantaytambo. J’y passe la nuit et le lendemain matin pour visiter la dernière forteresse prise par les conquistadors.
J’ai bien donné dans la caillasse Inca en quelques jours !
Retour sur Cusco où je suis contente de retrouver la petite auberge et quelques têtes de la semaine passée. Repos et préparation de la suite : Bolivie !
J’achète mon billet de bus pour Copacabana au bord du lac Titicaca, juste après la frontière péruvienne, On m’assure que le trajet est direct, j’ai des doutes mais la chica de l’agence me le répète à 3 reprises. Je boucle mon sac avec 3 Suisses de l’auberge qui partent dans la même direction et, une fois arrivés à Puno, au beau milieu de la nuit, oh comme c’est bizarre, on s’arrête… 5 minutes… 20 minutes… 4 heures !!! Ce n’est qu’à 7h30 qu’un autre bus voudra bien repartir vers notre destination. Ah, ces Péruviens, ils nous racontent vraiment ce qu’ils veulent.
Mais en arrivant à Copacabana, les aléas des transports en commun sont vite oubliés, on découvre le lac Titicaca et là je réalise qu’il va falloir que ça s’arrête tous ces paysages de fous parce que la langue française, aussi belle soit-elle, va bientôt manquer d’adjectifs pour qualifier de tels lieux…
Mais je vous raconterai ça la prochaine fois !
Demain changement de moyen de transport, c’est le bateau qui nous emmènera sur l’Isla del Sol, en espérant que pour le coup l’île porte bien son nom !
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