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Baila baila la pampa... |

de Marion, le 03-11-2004 |
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C’est dans un état de santé bien diminué (j’avais en fait une salmonellose) que je suis arrivée a Rurrenabaque vendredi dernier, mais je me suis bien remise sur pieds.
La petite ville au bord du Rio Beni n’est pas sans me rappeler l’Afrique: les rues de terre. Certains rythmes de musique, la nonchalance qui y regne... Il faut dire que la chaleur n’incite pas a s’activer plus que necessaire! Une motivation cependant qui aide a sortir de son hamac: decouvrir la jungle et la pampa environnantes.
Entonces, vamos! Je laisse la sérénité de “Rurre” et c’est en jeep qu’on rejoint la riviere Yacuma avec une petite bande tres sympa: des anglais rencontrés a Coroico, 4 Israeliens et notre guide Luis. Au port de Santa Rosa, notre embarcation est la, une pirogue en bois qui nous emmenera jusqu’a notre camp.
Pendant les premieres minutes sur l’eau, c’est l’euphorie générale, on bondit a la vue d’un Alligator qui se jette sous le bateau, c’est des “ouh la la”, “wouaaah” a tout va, “regarde les tortues, le héron, les cabiais, etc”, “et ca c’est quoi??”...
On a l’impression qu’on vient d’entrer dans un zoo grandeur nature, on ne sait plus ou poser les yeux.
Petit a petit on réalise que ca va etre notre terrain de jeu pour les 3 jours a venir et l’effervescence des 1ers instants laisse place a l’observation. On guette les branches pour apercevoir les singes, les rivages pour surprendre un caiman qui se chauffe au soleil, on apprend a distinguer les cris des Toucans, des aigles, des perroquets...
La riviere s’elargit par endroits et on s’arrete pour une baignade. On est a priori moyennement motives pour aller se frotter aux piranias mais Luis nous assure qu’il y en a peu a cet endroit. Et, argument qui finira de nous convaincre: il y a des dauphins roses!! (non, non, on n’a pris aucune substance illicite!). Superbe animal, ils nagent juste a quelques metres de nous, on se croit sur une autre planete!
Le trajet est long pour atteindre le camp, mais les 6 heures passées en pirogue semblent ne durer qu’un claquement de doigts. On est comme des gosses plongés dans ce décor de documentaire animalier digne d’Arte.
On découvre nos cabanes a la tombée du jour et des nuées de moustiques nous accueillent a l’arrivée. Ces sales bestioles nous ont rendu completement fous, mais ca fait partie de l’aventure et sur la fin on se laissait devorer sans meme broncher, de toutes facons rien ne les dissuade: pantalons, manches longues, anti-moustique a 95% de DAT, rien n’y a fait.
Petite soirée en chansons accompagnés de Daphna a la guitare et de tous les bruits de la foret.
Le 2eme jour sera nettement plus actif que la “croisiere” magique de la veille. On s’attaque cette fois a la pampa, immenses étendues marécageuses, a la recherche d’anacondas. Une veritable chasse au trésor, a marcher dans la boue et les herbes jusqu’au cou. J’apprecie de pouvoir parcourir plusieurs kilometres sans etre essoufflee, ca faisait 3 ou 4 semaines que j’etais au-dessus de 3000 metres d’altitude et je ne me souvenais plus qu’on pouvait marcher sans avoie a chercher de l’air a chaque pas!
Dure quete de 5 heures, recompensée par la capture (il est relaché ensuite) d’un petit anaconda d’1,50m. Certains atteignent jusqu’a 10 metres, mais on deja bien satisfaits!
Retour sur l’eau en fin d’apres-midi, cette fois-ci on va essayer de voir a quoi ressemble un pirania: chacun sa ligne et son hamecon pour une partie de peche.
Franche rigolade sur la pirogue, on attrape plus de sardines et de poissons ridicules que de piranias, mais on se laisse vraiment prendre au jeu et on s’amusera jusqu’a la nuit. En rentrant sur le camp, le bateau est cerné par les yeux rouges des alligators, Luis en profite pour en attraper un jeune et nous le montrer de plus pres, pas plus compliqué que de cueillir une fleur pour lui!
Notre requete pour la derniere journée: voir des paresseux. A priori plutot facile puisque ces gros nounours bien nommés ne bougent pas d'une oreille pendant des heures d’affilées, le probleme c’est qu’ils se perchent souvent tres haut dans la cime des arbres. Sur notre trajet retour, Luis en repere un, suspendu a une branche a une quinzaine de metres du sol. Il n’y a qu’une solution pour voir sa frimousse, aller a sa rencontre… Luis s’avere une fois de plus impressionnant et grimpe tel Tarzan avec 2 de nos appareils photos pour ramener l’image convoitée. Mais pour Yoav et moi, ca ne suffit pas, on a vraiment envie de caresser cette boule de poils, alors on se hisse nous aussi aux branches et aux lianes et on rejoint Luis au sommet. Le paresseux ne semble pas le moins du monde perturbé par notre présence, il a une super bouille amicale, une vraie peluche! Quelques photos, une redescente acrobatique et on repart sur la pirogue jusqu’au port.
De retour sur Rurrenabaque on se fait un restau tous ensemble, contents d’avoir quitté les moustiques et tellement heureux de cette expérience. “Lapanim!” (équivalent de notre “trop d’la balle” en hébreu!).
A noter, sur un registre humain, le point tres positif d’avoir (enfin) rencontré des Israeliens sympas. Ca a l’air banal comme ca, mais, sans epiloguer sur la question, on croise beaucoup, beaucoup d’Israeliens qui voyagent et ils ont partout tres mauvaise réputation, ils sont irrespectueux de tout en general. Ceux avec qui j’étais n’étaient pas tout frais sortis de l’armée (3 annees obligatoires pour les gars, 2 pour les filles) contrairement a la majorité de ceux qui baroudent. Probablement une cause a effet…
Hier soir j’ai regardé les elections americaines (no comment…)chez Luis. Pour lui c’est difficile de comprendre pourquoi je m’y intéresse alors que je vis en France. Dans son idée tout est tout beau tout rose en Europe, alors pourquoi se préoccuper de ces gringos?
De mon coté j’ai du mal a imaginer ce qu’il doit ressentir en cotoyant toute l’année des touristes. On lui donne surement l’impression de mener une vie facile ou l’argent pousse sur les arbres.
Le fossé me semble si grand par moments… Heureusement il s’efface a d’autres où on realise qu’on n’est pas si differents et qu’on partage les memes plaisirs tous simples: quelques notes de musique qui donnent envie de danser ou de se laisser bercer, un verre d’un petit vin chilien, le parfum de la terre apres la pluie, l’immensité d’un ciel etoilé, la joie d’etre ensemble...
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