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Me gusta Bolivia...

de Marion, le 29-10-2004
 

J’ai été un peu longue à donner les dernières nouvelles, et pour cause, je me traine laborieusement depuis 3 jours. Je me vantais en debut de semaine de ne pas avoir ete malade une seule fois en 2 mois de voyage, pas meme une petite contrariete intestinale... He ben tiens, ca m’apprendra a faire la maligne!
Rien de grave, un peu de fievre et beaucoup de fatigue, mais je sens que ca commence a aller mieux, je suis remontee a 30% de mes capacites!

J’aurais surement du m’arreter quelques jours mais je me suis crue invincible et au lieu de rester sagement a La Paz quand j’ai commencé a me sentir mal, je n’ai rien trouvé de mieux que de partir en VTT pour une journee sur “la route la plus dangereuse du monde”!... Ben quoi, on avait deja prévu ca...
On est une dizaine mercredi matin armés de nos casques-gans-masques (pour la poussière)-VTT sur les hauteurs de La Paz, à la Cumbre, 4900 m d’altitude. Devant nous: 63 kms pour atteindre Coroico (1200 m), en empruntant la tristement celebre route de la mort. Il s’agit en fait d’une piste défoncée de 3,20 m de large avec des a-pics de presque 1000 m. Comme disait notre guide, ca ne laisse pas de marge pour une 2eme chance... Mais les paysages traversés sont à la hauteur des risques encourus: de l'altiplano aux Yungas luxuriantes, pics blancs, surplombs rocheux, cascades...
La regle pour celui qui descend: rouler du coté du ravin pour permettre aux vehicules qui montent de passer en rasant la paroi rocheuse. Bonnes sensations! Que j'aurais pu apprécier davantage si j'avais été en forme... Au lieu de ca j'ai fait les derniers kilomètres dans la jeep qui nous ouvrait la route, à rever d'un lit frais et confortable... Ce que j'ai eu en arrivant à Coroico.
A 16h je me couchais pour me lever seulement à 8h le lendemain! Mais pas vraiment en meilleure forme!
Je me traine un peu dans l'hotel: internet, hamac... La vérité c'est que je m'emmerde sévère en plus d'etre malade.
Alors je décide de continuer ma route vers le nord: direction Rurrenabaque, dans le bassin amazonien. Décision des plus grotesques s'il en est, on mettra ca sous le coup de la fievre. Ces 20h de bus sur une piste pourrie ont fini de m'achever. Et pour couronner le tout, arrivée ce matin au milieu de la jungle par une chaleur torride et moite...
J'ai passé la nuit à ouvrir et fermer la fenetre du bus, ouverte= je mangeais la poussière, fermée= sauna. Seule petite parenthèse apaisante: la señora à coté de moi qui m'apporte un mate de coca lors d'un arret dans un village. A macher, à cuisiner ou en infusion, la coca est leur remède à tous les maux! On peut meme lire l'avenir dans les feuilles, ce que font plein de gens sur les trottoirs de La Paz en échange de quelques Bolivianos. Marc de café, tarot de Marseille ou feuilles de coca, le tout c'est d'y croire!
Autrement que pour les diseurs de bonne aventure, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé La Paz: J'y retournerai dans quelques jours (en avion par contre, on ne m'aura pas 2 fois) et je vous raconterai à quoi ressemble la vie dans la capitale bolivienne.
Juste avant La Paz, j'ai découvert un vrai petit havre de paix à Copacabana, au bord du lac Titicaca. On s'était trouvé une chambre avec vue sur les eaux bleu saphirs... En plus des paysages envoutants, les gens y sont adorables, et zens... et surement tres croyants! En debut d'apres-midi on a assiste a la benediction des vehicules devant la cathedrale. Les voitures-velos-bus se parent de guirlandes et fleurs et Mr le cure de la paroisse vient arroser tout ca de son eau benite... Ben pourquoi pas... La encore, il faut y croire et j'ai comme l'impression que pour ca les Boliviens sont a fond!

Copacabana a aussi été notre port de départ pour explorer l'Isla del Sol. C'est sur cette ile que serait né le Soleil en personne selon les croyances Aymara et Quechua. C'est la aussi que les 1ers Incas Manco Capac et Mama Ocllo auraient fait leur 1ere appariton mystique a la demande du Soleil.
Aujourd'hui la petite ile compte environ 5000 habitants et sitot sorti du port principal au sud, c'est simplement nature et calme qui s'offrent au touriste pret a marcher. C'est d'ailleurs ce qu'on a fait. A la descente du bateau on a immediatement quitté le port d'arrivée et on est parties a travers les sentiers desertés. Mais on ne s’attendait pas a croiser des villages aussi paumés, si bien qu’on s’est retrouvees sans rien a boire et pas le moindre troquet ni tienda en vue. On demande a tout hasard a un paysan qui nous dit qu’il n’y aura rien avant 3h de marche et nous invite chez sa mere qui sort de sa siesta pour nous preparer un mate de coca. Petite fanille super gentille.

On marchera jusqu’a Challa’pampa dans le nord de l’ile, ou on trouvera non sans mal de quoi se restaurer et dormir.
Le lendemain matin les sommets blancs de la Cordillera Real emergent des eaux du lac... Il est temps de chercher une barque de pecheur pour nous ramener au port, puis un autre bateau pour Copacabana.

C’est ensuite en bus que je me suis rendue a La Paz, traversant les sublimes paysages de l’altiplano, avec la petite Anna-Barbara sur mes genoux, qui m’a chanté tout son répertoire appris a l’ecole...

A La Paz j’ai retrouvé les cyclistes francais rencontres a Cusco, ils avaient deja bien repéré les lieux et les bonnes adresses... Huummm, super petit restau pour ma 1ere soirée dans cette folle cité dont je vous reparlerai.

Pour l’heure je vais essayer de me refaire une santé... J’espere bien avoir la peche pour demain matin: je pars 3 jours dans le parc de Madidi, avec alligators, anacondas et plein d’autres bebetes sympas!