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Descente aux enfers... |

de "Chica loca", le 14-09-2004 |
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Je ne suis restée que 2 jours à Baños. Il faut dire qu’après notre passage inoubliable dans le petit village de Quilotoa, la foule de touristes (pourtant ce n’est pas la haute-saison) de Baños nous a vite pesé.
On a quand meme profité des sources d’eau chaude qui ont donné leur nom à la ville, parfait pour se détendre après une journée de VTT et une autre à cheval. Les alentours de Baños sont magnifiques, montagnes très vertes et cascades à foison, mais on a vite quitté l’ambiance trop gringo à notre gout. (on = toujours la meme equipe, moins Paul l’anglais qui a pris l’avion pour Lima). En plus, le volcan Tungurahua qui domine la ville risque à tout moment de recouvrir les maisons de lave en moins de 10 minutes... Je ne cours pas assez vite !
Jeudi matin, nos sacs sont prets et un bus nous dépose dans un fossé au bord de la fameuse route panamericana. On avait demandé au chauffeur de nous arreter à « Urbina », c’est bien là nous dit-il, en montrant un chemin de terre. « 2-3 kms à pied et vous y serez ».
Ne cherchez pas dans les Lonely Planet et autre Routard, vous ne trouverez rien sur Urbina. C’est un guide de haute-montagne, rencontré quelques jours plus tot, qui nous avait décrit l’endroit comme un véritable havre de paix au pied du Chimborazo, le plus haut sommet d’Equateur. On était emballés, et on n’a pas regretté !
Urbina n’est meme pas un village, c’est simplement une ancienne gare reconvertie en refuge depuis que le train ne circule plus entre Quito et Riobamba.
On se retrouve donc perdus au milieu de nulle part, seuls clients du refuge, avec pour voisins des chevaux, des lamas, des moutons... Calme absolu, exactement ce qu’on voulait.
Ruben, l’employé, nous mijote des petits plats, met un peu de musique, allume la cheminée, nous raconte des histoires d’expédition sur le Chimborazo... Il ne manque rien, si ce n’est une vingtaine de degrés au thermomètre de notre chambre : obligés de dormir avec mouffles et bonnets sous les 5 couvertures pour etre encore en vie au petit matin.
Programme champetre pour 3 jours : ballades à pied et à cheval dans les environs, jeux de cartes, « bouquinage », rigolades en bonne et due forme... Une journée de plus et on se mettait au tricot (les lamas allaient etre tondus !).
On finit par quitter les lieux, un peu tristes de laisser Ruben et l’auberge où on avait l’impression d’etre chez nous.
Samedi fin de journée : Riobamba, escale d’une nuit simplement pour prendre le train du dimanche, qui passe par un endroit vertigineux, « el nariz del diablo », réputé pour etre la voie ferrée la plus difficile au monde.
On passe à la gare pour acheter nos tickets, et la poisse nous rattrape : on apprend qu’il y a eu un glissement de terrain sur la voie et le train ne circulera pas entre Riobamba et Alausi.
En tant que « team leader » du jour (titre honorifique qui ne confère que des emmerdes, meme pas d’abus de pouvoir autorisé), je gère la situation : dimanche matin on prend le 1er bus pour Alausi, qui est le point de départ du périlleux trajet du diable. Arrivés là-bas, on découvre une horde de touristes qui avaient fait comme nous et qui se bousculent sur le toit du train.
Pas envie de s’empiler sur eux... Et le prochain départ n’est que 3 jours plus tard... On baisse les bras et on découvre le petit village d’Alausi dont les guides ne disent que du mal (« Alausi ne présente aucun intéret si ce n’est d’etre au départ d’el nariz del diablo »), mais nous on aime bien ! Ca fait un peu ville western, maisons en bois et « cowboys » sur les pas de porte. On décide meme d’y passer la journée et de dormir dans cette petite pension rustique avec les lavabos dans la cour intérieure.
Un peu plus tard, on recroise un équatorien à qui on avait demandé des renseignements le matin, et il nous annonce qu’il y aurait un 2eme train dans l’après-midi.
Excellent ! Billets en poche, on grimpe sur le toit des vieux wagons où cette fois-ci on ne se marche pas les uns sur les autres, et on découvre pendant 2 heures le trajet incroyable à flanc de montagne, qui plonge dans des gorges désertiques sur 800m de dénivellé. Magnifique ! Sans ce 2eme train, on aurait vraiment raté quelque chose.
La locomotive nous remonte péniblement à Alausi, où on passe la soirée dans un troquet, autour d’un billard et quelques bières.
Une bonne nuit de sommeil et 4h de bus plus tard, on arrive à Cuenca, sous la pluie, mais on s’y sent bien. (Le soleil est revenu ce matin)
Colin et Dave devaient repartir vers le nord demain, mais on restera finalement ensemble jusqu’à vendredi, à Cuenca et dans les alentours.
Après chacun prendra une route différente, pour moi ce sera une avancée vers le Pérou, en passant par Loja et Vilcabamba...
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