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Every other day...

de Marion, le 22-02-2005
 

Rotorua est derriere moi et je ne m'en plains pas. J'ai laissé la puanteur ambiante sans regret. Quand on arrive a faire abstraction des relents pestilentiels, ou lorsque le vent les eloigne vers d'autres plaines, il reste encore a supporter les hordes de touristes qui accaparent les lieux. Rotorua attire les visiteurs depuis longtemps, on vient pour les thermes ou la culture Maori soi-disant tres présente. En fait de culture Maori, ce sont de faux villages reconstitués ou les descendants du peuple guerrier sont deguisés et dansent sous les flashs des appareils photo. Finalement, le seul endroit authentique de Rotorua, c'est son terrain de croquet et de pétanque. Loin des foules, papi et mamie taquinent les boules, vetus de blanc de la casquette aux chaussettes, respectant la tradition britannique des anciens colons. 2 jours pour cette étape étaient donc amplement suffisants. De nouveau sur la route, direction le sud, on fait un arret a Waiotapu. Superbe site aux allures extra-terrestre, les geysers se succedent, puis viennent les piscines de boue qui bouillonnent comme une fondue de chocolat, les bassins aux couleurs si particulieres qu'on se demande si on n'y a pas ajouté quelques additifs chimiques... Assez surnaturel. Une bonne heure a été necessaire pour parcourir ces decors lunaires, suivant les panneaux qui insistent pour que l'on marche strictement sur les chemins ballisés, des fois que l'on soit pris d'une soudaine envie suicidaire et qu'on ne puisse resister au desir brulant de plonger dans un de ces chaudrons a plus de 100 degrés. Plus au sud, on coupe le moteur au Parc national de Tongarino. Une 1ere apres-midi nous permet de rassembler cartes et infos pour une rando, puis on se leve a l'aube pour faire une des celebres marches de NZ: le Tongarino crossing. Si en anglais classique on "hike" ou on "trek", les Neo-Zelandais, eux, "tramp". Ce fut donc un "tramping" sympathique puisque ca changeait de la position assise de la voiture ou on n'a meme pas a fournir l'effort de changer de vitesse: pas de pedale d'embrayage, c'est un boitier automatique (ce qui m'a arrangé les 1ers jours, le temps de m'habituer a la conduite a gauche. A GAUCHE, Marion, on roule A GAUCHE...). Par contre pour ce qui est des paysages on a vu mieux, dans la mesure ou on n'a rien vu: brouillard et nuages nous ont accompagné 6 heures durant. Bref, 2 jours dans le centre avant d'aller a l'extreme sud de l'ile du nord: Wellington, the capitale. Les villes et villages de NZ adorent se proclamer "capitale mondiale" de quoi que ce soit. Meme le plus petit hameau cherchera a posseder ce titre. Il y a Turangi, capitale mondiale de la peche a la truite, Fiordland se dit capitale mondiale du "sightseeing walking" et il y a quelques jours j'ai eu la chance de traverser Havelock, capitale mondiale de la moule a levres vertes (green-lipped mussel), ca ne s'invente pas. Wellington, c'est la capitale mondiale de NZ, et pour une capitale c'est vraiment tout petit. Cette dimension humaine en fait un lieu tres sympa. Des cafés qui servent de vrais cafés, le musée Te Papa tres réussi, des jardins publics, le port, les maisons perchées sur les collines alentour, le choix des bons petits vins sur les cartes des restaus... Le tout dans une ambiance tres décontractée, a tel point que je me suis sentie genée d'arpenter les rues en baskets alors que tout le monde est en tongues ou pieds nus. Les pieds nus, au début, j'ai cru que c'était une facon de se la jouer "cool", mais les Kiwis n'ont pas besoin de se donner de genre, ils sont cools. Jour numero 2 a Wellington: match de cricket, qui meritera a lui tout seul son propre carnet. A venir. Et voila, 2 jours ici, 2 jours la, on était déja repartis, ferry, ile du sud, parc national Abel Tasman. Quand Neil m'a dit qu'il ne voulait rester que 2 jours, j'ai paniqué. Ca va trop vite. Un road trip c'est bien mais a cette vitesse je ne vois rien. Mes yeux n'ont pas le temps de faire le focus, je ne vois que des images floues, alors j'ai dit stop. Neil était d'accord pour garder la voiture, et de mon coté je ralentirai le rythme et voyagerai comme je pourrai mais sans me presser. De nouveau seule et a pied, un choix qui correspond bien mieux a mes attentes de voyage. Au lieu de courir apres les incontournables du Lonely Planet, je vais pouvoir laisser la place a tout le reste. A suivre, donc, la NZ au rythme tortuesque de la p'tite Marionnette!