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Feuilles de coca, canyon de Colca, el condor pasa... |

de Marion, le 10-10-2004 |
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De Huaraz, je suis partie directement à Pisco, en passant par Lima où je ne me suis pas arrêtée. Il y a tellement de choses à voir au Pérou pour ne pas s’attarder dans la capitale que l’on m’a souvent décrite grise et inintéressante. Je n’en ai donc vu qu’une gare routière de 6h à 7h du matin : grandiose ! Je n’ai pas pris de photos, vous m’excuserez !
Quatre heures de bus plus tard, j’arrivais à Pisco, toute petite ville qui n’a que l’avantage d’être le point de départ pour les îles Ballestas et le parc national de Paracas. Elle a aussi donné son nom à la boisson locale, le Pisco. Plus tard, je découvrirai le « pisco sour », cocktail populaire à base de Pisco, jus de citron vert, sirop de sucre de canne et blanc d'œuf.
Le temps de trouver un petit hôtel sympa, je rencontre 2 Québécois avec qui on réserve pour le lendemain un tour pour voir les îles et le parc et, n’ayant pas avant de m’éterniser ici plus que nécessaire, j’achète dans la foulée un billet de bus pour Arequipa.
Il y a des endroits qui plaisent moins que d’autres, Pisco est de ceux-là.
Tout est ficelé, je rentre à l’hôtel pour un plongeon dans la piscine, un petit casse-croûte avec les Québécois (c’est « fun » de parler enfin français, encore que… le québécois c’est pas exactement la langue de nous autre !), et à 21h je dormais ! Crevante, la vie de bourlingueuse !
Mercredi, nous voilà partis pour les îles, qualifiées de « Galapagos pour les pauvres ». Ben oui, j’ai raté les Galapagos en Equateur faute de ne pas avoir 1000$ à dépenser... Mais ici j’ai quand même pu voir des dauphins, des pingouins, des otaries par centaines et des oiseaux dont je ne vous citerai pas le nom, parce qu’entre l’anglais et l’espagnol, j’en ai perdu mon latin !
Bref, plein d’oiseaux rigolos, mais aussi le mystérieux candélabre dont on ignore l’origine. Cet immense symbole de cactus (80 mètres de haut par 20 m de large) est uniquement visible depuis la mer. Certains l’associent aux lignes de Nazca, d’autres pensent qu'il ne s'agit pas d'un vestige précolombien, mais d'un repère maritime du 16e siècle et il y a aussi des versions bien plus crédibles : ce sont en fait les extra-terrestres qui l’auraient construit…
L’après-midi se passe parmi les dunes et les superbes plages du parc de Paracas, et la visite de la “Cathédrale”, qui, comme son nom ne l’indique pas, est une formation rocheuse enclavée dans l’océan.
La journée se termine, remplie d’une multitude d’images que je me repasserai le soir, dans le bus pour Arequipa.
Encore un trajet long et ennuyeux, ça va de soi, surtout lorsqu’il est interrompu au beau milieu de la nuit… On s’arrête à Ica à 23h pour prendre des passagers et le chauffeur s’aperçoit que les places ont été vendues 2 fois… 18 personnes se retrouvent sans place assise alors qu’ils ont tous un ticket… Gros bronx pendant 2 heures, jusqu’à ce qu’ils se décident à affréter un autre bus… Super organisation du réseau péruvien…
J’arrive à la gare d’Arequipa dans la matinée, je partage un taxi avec un anglais et on se trouve une chambre dans un hôtel stratégiquement situé au cœur des festivités nocturnes…
Petite journée pépère dans la « ville blanche », à errer dans les dédales de rues pavées, à siroter des mates de coca (infusions de feuilles de coca) sur les terrasses de cafés et on réserve un petit périple de 2 jours dans le canyon de Colca pour vendredi.
Avec son million d'habitants, Arequipa est la deuxième plus grande ville du Pérou. En Aymara, ça signifie « la ville derrière la montagne pointue » . Cette montagne pointue, c’est le volcan Misti au sommet éternellement blanc, que l’on peut voir de toute la ville.
Jeudi soir se devait d’être calme pour récupérer de la nuit de bus et être en forme pour aller dans le canyon, mais je me laisse entraînée par les touristes de l’hôtel, à la découverte du « pisco sour », jusqu’à point d’heure… La vie nocturne d’Arequipa est à la hauteur de sa réputation !
C’est donc avec quelques douleurs cérébrales que je me traîne jusqu’au minibus vendredi matin… Mais notre guide Milagros a ce qu’il faut pour nous remettre sur pied… La route qui nous emmène vers le plus profond canyon du monde passe par des altitudes vertigineuses et pour nous éviter de souffrir du « soroche », Mila nous a préparé des kilos de feuilles de coca à mâcher ! La recette est simple : on enroule une vingtaine de feuilles autour d’une petite pierre de légia ( qui sert à extraire la substance désirée de la feuille), on laisse dissoudre 10 minutes entre la gencive et la joue et on commence à mâcher. Grimace générale : c’est infâme ! Mais c’est efficace ! En moins d’une demi-heure on a la langue anesthésiée comme si on sortait de chez le dentiste, et on grimpe vers l’altiplano, détendus et sans vertiges ni douleurs quelconques.
Le long de la route, les paysages sont déjà magnifiques, peuplés de lamas, vigognes et alpacas, puis après un col à 4900 m on redescend vers le canyon, impressionnant ! Tout autour, des cultures en terrasses vieilles de presque 1000 ans ajoutent un charme fou.
On se promène l’après-midi, on découvre les petits villages et la vie de leurs habitants, on fait offrande de feuilles de coca aux tombes pré-incas à flanc de montagne et on rejoindra notre hôtel après quelques piscos sour dont je suis devenue adepte !
Le réveil sonne à 5h30… Il faut être matinal pour avoir une chance de voir le vol des condors au-dessus du canyon. Mais ce jour-là ils devaient être aussi fatigués que nous et on n’a pu en voir que quelques-uns tournoyer au loin.
Puis programme similaire à la veille : petites ballades et trajet en bus où on s’endort comme des bébés.
De retour sur Arequipa, samedi soir oblige, on retrouve l’énergie suffisante pour aller écouter un concert dans un bar. Super ambiance mixte entre gringos et Péruviens.
On est dimanche et, ça semble devenir une habitude, la journée est consacrée à buller !
Il me reste 24h pour profiter d’Arequipa de jour plus que de nuit cette fois, et puis je prendrai la route vers la capitale inca : Cuzco. Bientôt le Machu Picchu et la vallée sacrée, une belle étape en perspective…
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